samedi 2 décembre 2017

Départ


Ça y est ! Je viens de changer de boulot et je commence par m'envoler pour Moscou dès la semaine prochaine. Je reviendrai à Paris, bien sûr, mais je serai évidemment moins régulière sur mon blog. J'aurai, du moins, davantage de voyages à vous relater.


La Russie, je n'y ai pas mis les pieds depuis 2011. Je ne voulais plus y aller depuis l'affaire de la Crimée mais c'était une position qui n'était pas tenable à long terme. Ça commençait à me manquer trop.


Surtout Moscou est devenue (on ne le sait pas trop en France) une des grandes capitales du monde, l'une des villes qu'il faut absolument avoir visité, une nouvelle Babylone où l'on peut trouver tout ce que l'on peut souhaiter. Pour s'amuser, faire la fête, 24 H/24, je ne crois pas qu'il y ait mieux. Paris fait vraiment endormi en comparaison.


C'est aussi une ville à la pointe de la modernité avec des quartiers entiers, à l'architecture novatrice, consacrés au shopping, au design, à l'art contemporain.


Evidemment, il faut supporter les Russes, leur impolitesse, leur brutalité, leurs querelles incessantes dans la rue, le stress de la vie quotidienne fait de multiples incidents, contrariétés.


Souvent, je préférerais ne pas parler russe et qu'on me prenne pour une Française mais c'est évidemment impossible. Alors il faut que je m'habitue à m'engueuler avec 2 ou 3 personnes chaque jour.


Mais c'est évidemment plus compliqué que ça. Les Russes et les Français ont des traits culturels communs. Ce sont deux peuples qui ont fait la Révolution. Alors, on déteste servir les autres et on s'autorise à les toiser, à être désagréable avec eux, à être impoli, les envoyer promener. Il suffit de se rendre dans un commerce, un service public, un restaurant, pour comprendre ça. C'est profondément ancré dans la culture encore plus chez les Russes que chez les Français.


Il y a comme ça plein de gens odieux en Russie, plein d'effroyables petits tyrans colériques, et je suis stressée à l'idée de les retrouver. Mais je reconnais aussi qu'on peut y rencontrer, également, plein de gens extraordinaires, merveilleux. Mais ce type de rencontres se fait rarement dans la rue.


Voilà, je vous quitte. Il faut d'abord que je me refasse une garde-robe russe et ça n'est pas facile à Paris.

Mes dernières (temporairement) photos parisiennes prises, évidemment, au Parc Monceau, au Luxembourg et depuis l'Ile-Saint-Louis.

Je signale, à l'attention de mes fans, que l'on peut me trouver à Moscou, à l'Hôtel "Slovianskaïa".

dimanche 26 novembre 2017

La recherche du pouvoir


Il faut le reconnaître: on aspire tous à l'exercice du pouvoir! On est convaincus que les gens qui ont du pouvoir sont  heureux parce qu'ils concentrent l'attention et bénéficient de davantage de considération.  


C'est pour ça qu'on se démène pour faire carrière, qu'on se tue à passer des examens, des concours, pour accéder, ensuite, à des responsabilités élevées, quitte à sacrifier sa vie personnelle pour ça.


En fait, on a complètement intégré tous les schémas de la hiérarchie et de la domination sociales. C'est même profondément ancré en nous. Toutes les belles considérations démocratiques et égalitaires n'y changent pas grand chose. Le phénomène ne semble d'ailleurs pas propre à la société française. Partout, on ajuste notre attitude en fonction de la situation sociale de notre interlocuteur. Et partout, les gens les plus malheureux, ce sont ceux qui se sentent privés de toute forme de pouvoir. 


Pour preuve: il y a tous les "humiliés", les "offensés", qui se vengent:  les innombrables "petits chefs" qui exercent une effroyable tyrannie: boutiquiers, gardiens, videurs de boîte de nuit, agents administratifs... On est souvent d'autant plus odieux qu'on est petit et qu'on vous concède une parcelle d'autorité. Le pouvoir, ça semble vraiment une aspiration humaine essentielle.
  

Le pouvoir, je connais ça un peu: j'ai eu la chance de réussir (je ne sais pas comment) des concours un peu prestigieux. Donc, quand on connaît un peu mon C.V., on est toujours gentil, souriant, aimable avec moi. Quand je demande quelque chose, je sais qu'on va chercher à me donner rapidement satisfaction. Si j'ai besoin d'un médecin, je suis tout de suite reçue par l'un des meilleurs spécialistes. C'est bien sûr affreux mais comment refuser ça ? Est-ce que je vais attendre 3 mois comme tout le monde ? Et si j'avais des enfants, est-ce que je ne m'arrangerais pas pour qu'ils étudient à Louis-le-Grand ou Henri IV ?


Le copinage, la corruption (l'esprit d'entraide), ça existe dans tous les pays (pas seulement en France). On aime se vanter d'avoir "le bras long". Mais que serait une société sans aucune corruption ? Une société où l'on appliquerait, implacablement, les règles du droit ? Ce serait sûrement invivable ! Qui n'a jamais recommandé un ami, un parent ?


Oui ! C'est vrai que c'est pas mal d'avoir un peu de pouvoir. C'est une satisfaction narcissique ! On peut croire, de brefs instants, que l'on est quelqu'un d'exceptionnel.


Mais ça a un prix exorbitant !


On est assaillis de multiples demandes contradictoires aux quelles on ne sait pas répondre. On ne s'en sort pas, on est crevés, épuisés! On ne fait pas 35 heures par semaine, mais 35 heures par jour. Toutes nos nuits sont hantées par le boulot. Mais tant pis pour nous, on n'a pas à se plaindre, on est payés pour ça.


Bien sûr! Mais contrairement à ce que l'on imagine, on ne nous aime pas du tout. On nous épie continuellement, on scrute notre vie personnelle ! Et puis, régulièrement, on nous traîne dans la boue ! La solitude du pouvoir, c'est un thème très banal mais très réel.


En plus quand on est une femme, c'est le blocage sexuel complet. C'est le contraire du harcèlement autorisé aux mâles. Qui va oser se taper la directrice ?


Et puis je sais que quand je quitterai ma boîte, quand je n'aurai plus de pouvoir, tout ça sera effacé !
Je ne serai plus rien pour la plupart parce que je n'aurai plus de pouvoir d'influence.
Ça permet du moins de compter ses véritables amis.

C'est peut-être triste, dommage, mais c'est la vie ! Ça  n'a pas non plus de réelle importance !
Parce que je ne saurais, de toute manière, échanger ma vie, qu'elles qu'en aient été les difficultés, la souffrance. Elle n'appartient qu'à moi, dans sa beauté et son angoisse.


Je continue avec mes petites photos parisiennes. Tant pis pour leurs imperfections. Je précise qu'elles ont été principalement prises dans le 5ème (square Scipion, église Saint-Médard, rue du Pot-de-Fer, Collège des Irlandais). La 1ère image, c'est évidemment le Parc Monceau et la dernière, la gare d'Austerlitz.

samedi 18 novembre 2017

L'argent propre, l'argent sale.


On adore, tous, les scandales financiers !


Cahuzac et Fillon, ça nous a passionnés....


Et puis, les Panama Papers et aujourd'hui tous ces dossiers d'optimisation fiscale, on juge ça vraiment honteux !  C'est la finance folle, cynique, qui spolie les honnêtes travailleurs: tous ces milliards qui pourraient être employés à des projets étatiques forcément plus nobles!

Il faudrait condamner très lourdement les fraudeurs, les fiche en prison pendant au moins 25 ans. C'est vraiment l'horreur capitaliste !


Quant aux salaires des stars et des sportifs, c'est immoral et disproportionné !


Nous, évidemment, on est irréprochables. On ne mentionne même pas qu'il nous arrive, à nous aussi, de frauder un petit peu le fisc, de solliciter des faveurs et avantages (un appartement, une allocation, une bourse), de faire jouer le copinage, le piston, de chercher toutes les bonnes occasions de faire une bonne affaire, de truander un peu par ci par là.. Rien ne nous réjouit finalement plus que de payer moins cher que le voisin !

Nous aussi, on est mesquins et âpres au gain ! Voler l'Etat, ça ne nous pose pas tellement de problèmes moraux. En fait, si on ne fraude pas davantage, c'est moins parce qu'on est honnête que parce qu'on manque d'opportunités et surtout qu'on est peureux, qu'on a la trouille de se faire pincer !


Les scandales financiers, ça nous excite, donc, beaucoup ! Ça nous donne bonne conscience: on est tellement différents de ces salopards ! 

Mais ça me semble un leurre énorme et je ne crois vraiment pas qu'il suffirait d'éradiquer les scandales financiers pour rendre le monde plus riche et plus juste. La corruption, les détournements de fonds, l'évasion fiscale, les gratifications exorbitantes, ça n'est jamais qu'une circulation d'argent qui échappe au contrôle de l'Etat. Mais il n'est pas sûr que ce dernier en ferait meilleur usage. Ce que LVMH n'a pas payé en impôts à l'Etat français, il l'a peut-être employé à d'autres activités, d'autres investissements, plus pertinents que ceux de l'Etat.


Sommes-nous, d'ailleurs, fondés à moraliser, à dénoncer l'argent sale ? Comme il est commode et réconfortant d'avoir quelques affreux sous la main (des financiers, des politiques, des stars) sur lesquels on peut déverser toute notre bile ! Les pourris, ils nous distraient mais surtout ils nous déculpabilisent et nous déchargent de notre responsabilité. L'horreur du monde, ça n'est pas de notre faute !


Pourtant, il y a des réalités brutes et se focaliser sur l'argent sale, c'est, en fait, presque obscène. L'argent sale, c'est anecdotique ! Ça permet de détourner l'attention, de refuser la réalité économique impitoyable: celle, tout simplement, des inégalités de niveaux de vie, des pays riches et des pays pauvres et ça, ça n'est généré, pour l'essentiel, que par l'argent propre.

L'angoisse écologique actuelle permet de comprendre ça. Parce que, bien sûr, nos smartphones, notre sécurité sociale, nos voitures (même électriques), notre alimentation bio, nos voyages aux Seychelles, il n'est pas concevable que les autres y accèdent ! Que la Chine ou l'Afrique accèdent à notre niveau de vie, c'est tout simplement impossible, la planète exploserait !


Il y a un grand silence sur la vérité du monde que "les affaires" nous permettent d'oublier.


La vérité, c'est l'inégalité de richesse des nations. La vérité, c'est d'un côté les pays où on survit à peine, où on est contraints de se prostituer ou de donner son sang pour manger et de l'autre les pays du Club Méd, du Beaujolais et des autoroutes. Ça se révèle, aujourd'hui, dans le problème des migrants !


Le problème, c'est que, même si on est pétris de valeurs humanistes et démocrates, on aimerait rester bien au chaud et qu'on voudrait continuer à avoir le beurre et l'argent du beurre. "On ne peut pas accueillir toute la misère du monde" dit-on !


C'est vrai ! Mais c'est aussi le projet qu'avait Hitler. Il y avait les peuples qui devaient disparaître et ceux qui étaient appelés à subsister et se développer. Je ne dis pas qu'on en est là mais j'ai noté qu'avec la pression écologique, on parle, maintenant, de plus en plus de Malthus dans les médias. L'holocauste et pourquoi il peut se répéter ( notamment sous l'effet de la contrainte écologique), écrivait notamment le grand historien américain, Timothy Snyder.


Photos de Carmilla Le Golem dans les 1er, 2ème et 3 ème arrondissements de Paris. C'est fait avec un seul petit appareil, un peu bizarre, compliqué d'utilisation, le Sigma DP2 Merrill (il n'est plus en vente mais on trouve son équivalent avec le Sigma DP2 Quattro) qui sort des images proches d'un moyen-format. Avec de la patience (c'est l'anti-smartphone), on arrive à tirer des choses qui, me semble-t-il, sortent du commun. A titre anecdotique, c'est aussi l'appareil photo de Michel Houellebecq.

J'ai décidé de poster davantage de mes photos. Ça peut paraître prétentieux parce que je ne suis pas photographe et que mes images sont, forcément, très imparfaites, voire inintéressantes. Mais j'ai le sentiment qu'avec des photos, même moyennes ou médiocres, on exprime beaucoup de soi. Enfin, je vais, prochainement, changer de boulot et je suis appelée à pas mal voyager. Il faut donc que je m'entraîne d'abord sur Paris.


samedi 11 novembre 2017

"Charlie", c'est nul !


Cette semaine, tous les médias viennent de nous appeler à nous rebeller, insurger, parce qu'il y aurait eu des menaces de mort contre "Charlie". Sus aux pourfendeurs de nos libertés !

Diable! Où est-ce que je dois aller manifester ?

Il y a maintenant un grand tabou dans la société française: "Charlie Hebdo". Défense absolue de critiquer !
La République française y a trouvé son étendard, son martyr!


Charlie, ce serait l'esprit français: la liberté d'expression, d'impertinence !

Ou là, là ! Je veux bien mais moi, j'ai toujours été rétive à soutenir inconditionnellement qui que ce soit !


Et puis surtout, je me suis, toujours, sentie incapable de lire régulièrement "Charlie". Ça fait rigoler une fois, après c'est gênant! C'est vrai que je ne suis pas vraiment Française mais je ne peux pas me reconnaître là-dedans ! "Charlie" pour moi, c'est ringard, c'est les mentalités des années 60-70 !

"Charlie", j'ai toujours trouvé ça sinistre et arrogant. ! Ça ruisselle de "beaufitude"!


L'esprit Charlie Hebdo, leur humour, il me débecte. Trois articles de Charlie et je suis déprimée ! Je n'ai jamais eu d'amant lisant, chaque semaine, "Charlie Hebdo"mais si, ça avait été le cas, je me serais posée des questions !

C'est bizarre ! On vit, vraiment, dans un drôle de monde! On hurle, en ce moment, contre de supposés violeurs mais personne n'osera jamais dire que "Charlie" est, peut-être, un peu puant ! Charlie, ça plaît aussi bien à Le Pen qu'à Mélenchon !


Charlie:  j'ai toujours eu l'impression de lire la prose d'adolescents boutonneux et ricaneurs qui se sentaient frustrés avec les femmes (tant pis si je passe maintenant pour une connasse féministe)..

"Charlie", ça n'est vraiment pas l'esprit de finesse. Ils font bien partie de ces "gros lourds" dont on parle tant aujourd'hui.



Je sais qu'en écrivant ça, je m'attaque à un monument national et que je risque sans doute de me faire assassiner.

Alors, comme je suis lâche, je vais moi-même m'adosser à un monument intellectuel: Nancy Huston, en l'occurrence, la grande écrivain franco-canadienne, dont je partage complètement les idées. Elle a ainsi écrit au lendemain des attentats de Charlie Hebdo":

 "J'ai toujours détesté l'image des femmes et des homosexuels qui transparaissaient dans les dessins de Charlie Hebdo, comme j'ai détesté le fait qu'il publie les caricatures islamiques. Sans du tout les renvoyer dos à dos avec les terroristes, les dessinateurs de Charlie Hebdo avaient aussi un problème avec leur virilité"


"C'est un humour qui trivialise, agresse, banalise, blesse et je n'ai sincèrement jamais vu l'utilité d'être bête et méchant. Je ne peux pas dire que ce sont mes valeurs, puisque mes valeurs sont exactement le contraire de ça".

Je l'avoue donc: je ne connais pas du tout Tariq Ramadan, je n'ai aucune idée de ses pensées, de ses écrits ! Je trouve néanmoins effrayante la couverture que lui a consacré "Charlie". Est-ce que ce n'est pas humiliant, arrogant ?



Tant pis si vous détestez mon post ! La bien-pensance, ça n'est pas mon truc !

Quoi qu'il en soit, j'aime beaucoup CABU !

Enfin, j'avais abandonné la chronique cinéma, mais je me permets de recommander aujourd'hui:

- "The square" de Ruben Ostlund
- "D'après une histoire vraie" de Roman Polanski
- "Happy end" de Michael Haneke
- "Braguino" de Clément Cogitore
- "Au revoir là-haut" d'Albert Dupontel
- "Jalouse" de David et Stéphane Foenkinos
- "A beautiful day" de Lynne Ramsay
- "Le sens de la fête" d'Eric Tloledano et Olivier Nakache
- "Corps et âmes" de'Ildiko Enyedi
- "Jeune femme" de Léonor Serraille

Tout ça, c'est très bon, tragique, comique, populaire...de toute manière émouvant !

samedi 4 novembre 2017

Le Havre


J'étais au Havre pendant le week-end prolongé de la Toussaint.

Le Havre... ?  Mais t'es tapée qu'on m'a dit ! Y'a pas plus moche !


Peut-être que j'ai répondu ! 

Mais c'est que je suis amoureuse d'Edouard Philippe et c'est sûr que s'il me fichait la main sur les genoux ou sur les fesses, voire dans ma culotte, je n'irais pas hurler, porter plainte, dénoncer, comme c'est aujourd'hui à la mode ! En plus, Edouard Philippe, il est plus grand que moi, même quand j'ai des talons hauts !


Enfin ! Y'a pas qu'Edouard Philippe ! D'ailleurs, j'ai parcouru, à toute vitesse, son dernier bouquin ("Des hommes qui lisent") mais j'ai été déçue: il ne connaît que la littérature française classique ! C'est honorable mais qu'est-ce qu'on pourrait se dire ? La littérature française classique, je ne connais pas trop, je ne m'attache qu'à l'actualité littéraire !

J'suis quand même allée au Havre pour des raisons plus sérieuses !


Le Havre, c'est évidemment la Révolution architecturale avec Auguste Perret !


Perret, il est bien moins connu que Le Corbusier mais il ne lui est pas inférieur.


Je ne vais pas bavasser sur Perret. Son architecture, c'est affreux, déprimant et sublime à la fois !


Mais aujourd'hui, une magnifique mélancolie s'en dégage !


En me baladant dans Le Havre, j'ai cru me retrouver à Varsovie, son quartier central, dit moderne.

C'était considéré abominable, il y a encore quelques années ! Aujourd'hui, les regards changent !


Mais je suis aussi allée au Havre pour bien manger et là, je n'ai pas été déçue !


Des brasseries, des huîtres, des poissons extraordinaires! Rien que pour ça, ça vaut le déplacement !



Quelques-unes de mes petites photos !